En 2010 déjà, la FDA avait  de ce médicament, jugeant qu’il n’était “pas plus efficace qu’un placebo”. «La FDA reconnaît depuis longtemps que des femmes avec une diminution du désir sexuel peuvent souffrir d’angoisse et bénéficieraient d’un traitement sûr et efficace», soulignait dans une note le directeur du comité consultatif de l’Agence. «Ce syndrome tombe clairement dans la catégorie des besoins médicaux non satisfaits», ajoutait-il. Cette avancée pourrait transformer la vie de nombreuses femmes, en particulier celles qui souffrent de troubles de l’excitation sexuelle.

Un produit refusé aux femmes

  • Le médicament peut en effet causer des chutes de tension, de la somnolence et des syncopes.
  • Avec la flibansérine, agoniste des récepteurs sérotoninergiques 5-HT1A et antagoniste des récepteurs 5-HT2A, l’affaire semble mieux engagée.
  • Les testeuses ont également dit qu’elles avaient ressenti plus de désir, mais la différence avec le groupe placebo n’était que de 0,3 points sur une échelle allant de 1,2 à 6.
  • Avant la commercialisation, des tests cliniques ont été réalisés sur des femmes, elles indiquent avoir eu en moyenne 4,4 expériences sexuelles satisfaisantes en un mois, pour les personnes sous placebo 3,7 expériences et avant le commencement de l’étude, 2,7.
  • Ça peut paraître bizarre, mais c’est possible même pour un homme, surtout quand on utilise des préservatifs.
  • Les femmes ne deviennent pas instantanément dévorées de désir en le prenant.

Parce que les résultats des études cliniques ne sont pas hyper-convaincants. En effet, 10 % seulement des participantes auraient fait part d’une amélioration significative de leur satisfaction dans leurs relations sexuelles. Par ailleurs, les femmes sous traitement «ont indiqué avoir eu en moyenne 4,4 expériences sexuelles satisfaisantes en un mois, contre 3,7 dans le groupe sous placebo et 2,7 avant le début de l’étude», rapporte Le Monde. «Une efficacité certes petite, mais statistiquement significative», estime pour sa part la docteur Catherine Sewell de la FDA. Officiellement, la flibansérine (qui porte le doux nom d’Addyi® aux Etats-Unis) est indiquée aux femmes pré-ménopausées, dans la période qui précède la ménopause, souffrant d’une absence de libido «chronique», médicalement appelée désir sexuel hypoactif. Ce trouble se caractérise par une absence récurrente ou permanente de désir pour l’activité sexuelle et de fantasmes, cette absence étant la source de détresse.

L’agence de communication MediaScope

«L’objectif est de sensibiliser le public au fait que ces médicaments sont promus par des parties intéressées, tournées vers le profit», dit-elle, «et que le consommateur, le patient, doit être éclairé et non dupé». Cette recommandation pour le Flibanserin intervient après des mois de lobbying intense de la part de Sprout. Le Flibanserin suscite la polémique entre différents groupes féministes, qui s’affrontent à coup de pétitions. L’une d’elles, lancée par le groupe Even the Score, accusait de sexisme la FDA pour avoir rejeté par deux fois l’approbation du Flibanserin, rappelant que le Viagra est commercialisé depuis 1998 pour soigner les dysfonctionnements sexuels masculins. Etant donné que le Flibanserin, dont le nom commercial est Addyi, peut avoir des effets néfastes graves — surtout s’il est pris avec de l’alcool —, il ne peut être obtenu que sur ordonnance médicale.

Systèmes innovants de délivrance de médicaments pour le traitement de l’obésité

A l’instar du Viagra, qui était à la base destiné à être un médicament pour le cœur. La FDA semble avoir jugé que les performances du produit justifiaient la mise sur le marché, malgré des bénéfices thérapeutiques que certains jugent modestes. Selon Sprout, les femmes sous flibansérine parviennent à avoir en moyenne un rapport satisfaisant par semaine, soit le double de qu’elles connaissaient avant. Destiné aux patientes souffrant d’une libido défaillante, l’Addyi a reçu le feu vert de l’Agence américaine des médicaments après deux rejets en 2010 et 2013. Reste alors des détracteurs, parmi lesquels Cindy Pearson, responsable de l’association National Women’s Health Network, qui doute encore l’efficacité clinique du traitement. Dans une intervention devant le comité, elle a jugé les données « préoccupantes quant à la sûreté de ce médicament » et de ses interactions, notamment avec l’alcool.

Le laboratoire a étoffé le dossier présenté à la FDA et rassemblé les résultats des différentes études disponibles dans la littérature scientifique, réalisées dans le cadre de la dépression et du désir sexuel hypoactif. Au total, ont été synthétisées trente-six études de phase 1, onze de phase 2, neuf études de phase 3 (dont deux études chez les femmes ménopausées) et cinq évaluant la sécurité de la molécule. Pour le moment, les médicaments visant à améliorer le désir féminin ne sont pas disponibles en France. Un retard conséquent par rapport aux médicaments destinés aux hommes souffrant de troubles de l’érection, comme le célèbre Viagra® mis en vente sur le marché français il y a plus de 20 ans, en 1998. Entre les femmes, sortes de Belles au bois dormant commençant à affirmer leur nature, et les hommes secoués dans leur identité, le dialogue paraît difficile. « Le couple stable est un mythe qui se fracasse sur la réalité biologique, estime Elisa Brune.

Que se passe-t-il si une femme prend du viagra pour homme ?

En cas de malaise ou de maladie, consultez d’abord un médecin ou un professionnel de la santé en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé. En utilisant ce site, vous reconnaissez avoir pris connaissance de l’avis de désengagement de responsabilité et vous consentez à ses modalités. Les chercheurs espèrent que des études plus larges confirmeront ces résultats prometteurs. «Ce médicament a été mis aux forceps sur le marché, je crois qu’il faut être extrêmement prudent», met en garde Alain Ducardonnet, qui préconise de le donner avec modération.